{"id":599,"date":"2020-09-12T15:27:04","date_gmt":"2020-09-12T13:27:04","guid":{"rendered":"http:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/?p=599"},"modified":"2020-09-12T17:24:14","modified_gmt":"2020-09-12T15:24:14","slug":"air2030-le-27-septembre-la-suisse-choisira-entre-rester-un-partenaire-serieux-au-centre-de-leurope-ou-devenir-un-fardeau-pour-ses-voisins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/air2030-le-27-septembre-la-suisse-choisira-entre-rester-un-partenaire-serieux-au-centre-de-leurope-ou-devenir-un-fardeau-pour-ses-voisins\/","title":{"rendered":"Air2030 &#8211; Le 27 septembre, la Suisse choisira entre rester un partenaire s\u00e9rieux au centre de l&rsquo;Europe &#8211; ou devenir un fardeau pour ses voisins"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Air2030 &#8211; Le 27 septembre, la Suisse choisira entre rester un partenaire s\u00e9rieux au centre de l&rsquo;Europe &#8211; ou devenir un fardeau pour ses voisins<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans la s\u00e9rie \u00ab\u00a0<em>Ce que nous ne lisons, n\u2019entendons et ne voyons pas dans les m\u00e9dias romands<\/em>\u00a0\u00bb , un article de <strong>Georg H\u00e4sler Sansano<\/strong> qui, \u00e0 nos yeux, pose parfaitement, d&rsquo;une part l&rsquo;enjeu de la votation du 27 septembre 2020 sur l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral de planification relatif \u00e0 l&rsquo;acquisition de nouveaux avions de combat par la Suisse, et d&rsquo;autre part les cons\u00e9quences qui devraient s&rsquo;imposer en termes de d\u00e9bats politiques \u00e0 mener, en cas de oui dans les urnes.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-dots\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un oui aux avions de combat est un signal de politique de s\u00e9curit\u00e9 &#8211; non seulement pour la Suisse, mais aussi pour l&rsquo;Europe<\/h2>\n\n\n<p><strong>Georg H\u00e4sler Sansano<\/strong>, Berne \u2013 08.09.2020, 05h30 \u2013 <a href=\"https:\/\/www.nzz.ch\/meinung\/ja-zum-kampfjet-ist-ein-sicherheitspolitisches-zeichen-ld.1574783\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Neue Z\u00fcrcher Zeitung<\/a><br \/><em>Traduction : <a href=\"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/a-propos\/\">Fran\u00e7ois Monney<\/a> \u2013 Publication sur <a href=\"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/\">LUVch<\/a> avec l\u2019aimable autorisation de l\u2019auteur<\/em><\/p>\n<p>Le 27 septembre, la Suisse aura \u00e0 choisir entre rester un partenaire s\u00e9rieux au centre de l&rsquo;Europe &#8211; ou devenir un fardeau pour ses voisins.<\/p>\n<figure id=\"attachment_601\" aria-describedby=\"caption-attachment-601\" style=\"width: 1360px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-601 size-full\" src=\"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/09\/20200910_FA18_Capture-NZZ_copyright-Jean-Christophe-Bott_Keystone.jpeg\" alt=\"\" width=\"1360\" height=\"906\" srcset=\"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/09\/20200910_FA18_Capture-NZZ_copyright-Jean-Christophe-Bott_Keystone.jpeg 1360w, https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/09\/20200910_FA18_Capture-NZZ_copyright-Jean-Christophe-Bott_Keystone-300x200.jpeg 300w, https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/09\/20200910_FA18_Capture-NZZ_copyright-Jean-Christophe-Bott_Keystone-1024x682.jpeg 1024w, https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/09\/20200910_FA18_Capture-NZZ_copyright-Jean-Christophe-Bott_Keystone-768x512.jpeg 768w, https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/09\/20200910_FA18_Capture-NZZ_copyright-Jean-Christophe-Bott_Keystone-272x182.jpeg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 1360px) 100vw, 1360px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-601\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;acquisition de nouveaux avions de combat ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e uniquement d&rsquo;un point de vue national, mais \u00eatre replac\u00e9e dans le contexte europ\u00e9en. &#8211; Image \u00a9 Jean-Christophe Bott \/ Keystone<\/figcaption><\/figure>\n<p>La Suisse n&rsquo;est certes qu&rsquo;un petit \u00c9tat sur la carte, mais elle est compte au nombre des vingt \u00e9conomies les plus florissantes au monde. En mati\u00e8re de politique de s\u00e9curit\u00e9, elle suit sa propre voie &#8211; au moins en Europe. Apr\u00e8s le tournant strat\u00e9gique de 1989, elle s\u2019est efforc\u00e9e de maintenir un syst\u00e8me coh\u00e9rent d\u2019arm\u00e9e, compos\u00e9 de troupes au sol, de cyber-sp\u00e9cialistes et d&rsquo;une force a\u00e9rienne. Les avions de combat modernes font partie int\u00e9grante de ce syst\u00e8me. Cons\u00e9quence logique : les F\/A-18 qui arriveront en fin de vie d&rsquo;ici 2030 doivent \u00eatre remplac\u00e9s ; qui plus est, si l\u2019on tient compte des conflits qui se d\u00e9roulent \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de l&rsquo;Europe ; \u00e0 tout le moins, si l\u2019on entend disposer encore \u00e0 l\u2019avenir d\u2019une arm\u00e9e cr\u00e9dible comme instrument d&rsquo;une politique de s\u00e9curit\u00e9 souveraine.<\/p>\n<p>Cependant, il est \u00e9tonnant de constater \u00e0 quel point les vicissitudes de la campagne de votation r\u00e9tr\u00e9cissent le champ de vision en mati\u00e8re de politique de s\u00e9curit\u00e9. Les opposants aux avions de combat reprochent \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e de ne s&rsquo;orienter qu\u2019en fonction d\u2019un sc\u00e9nario improbable et font comme s\u2019il n\u2019existait aucune nuance entre l\u2019\u00e9tat de guerre et celui de paix. Ils ne con\u00e7oivent donc une possible guerre que sous la forme d\u2019une attaque directe contre la Suisse &#8211; une conception d\u00e9pass\u00e9e et improbable qui appartient au XXe si\u00e8cle. Selon eux, la Suisse est aujourd\u2019hui d\u00e9finitivement prot\u00e9g\u00e9e de tout conflit par la gr\u00e2ce du bouclier d\u00e9fensif de l&rsquo;OTAN et de ses relations amicales avec les pays voisins. L&rsquo;argumentation ressemble \u00e0 s\u2019y m\u00e9prendre \u00e0 celle des ann\u00e9es &rsquo;90, lorsque l&rsquo;Occident croyait \u00e0 l&rsquo;histoire de la \u00ab fin de l&rsquo;Histoire \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Un d\u00e9bat sur la strat\u00e9gie, apr\u00e8s la d\u00e9cision de principe de la population<\/strong><\/p>\n<p>Pourtant, le contexte g\u00e9opolitique qui r\u00e8gne en Europe de l&rsquo;Est, en M\u00e9diterran\u00e9e ou au sud du Sahara est sans \u00e9quivoque. La confrontation entre les grandes puissances met \u00e0 rude \u00e9preuve l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;OTAN. Aujourd&rsquo;hui d\u00e9j\u00e0, les conflits en p\u00e9riph\u00e9rie de la zone de prosp\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;Europe occidentale lient une partie consid\u00e9rable des forces arm\u00e9es europ\u00e9ennes. Les pays alpins peuvent toujours compter sur l&rsquo;Arm\u00e9e suisse. Elle permet d&rsquo;\u00e9viter qu\u2019un vide s\u00e9curitaire ne se cr\u00e9e dans une r\u00e9gion-cl\u00e9 de l&rsquo;Europe. Car m\u00eame en cas de tensions accrues, les trente F\/A-18 suisses seraient en mesure de contrer de mani\u00e8re d\u00e9cisive des d\u00e9monstrations de force des parties en conflit. M\u00eame si les protagonistes du moment veulent maintenir leur confrontation aussi longtemps que possible en dessous du seuil de la guerre, des \u00ab <em>show of force<\/em> \u00bb ponctuels sont possibles &#8211; recelant un potentiel d&rsquo;escalade consid\u00e9rable, pouvant aller jusqu&rsquo;\u00e0 un bref conflit arm\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;acquisition de nouveaux avions de combat ne doit donc pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e uniquement d&rsquo;un point de vue de politique nationale, mais \u00eatre replac\u00e9e dans le contexte europ\u00e9en. Un non le 27 septembre ferait de la Suisse un fardeau pour ses voisins. A partir de 2030, ils deviendraient indirectement responsables de la protection de l\u2019espace a\u00e9rien de la Suisse, car l&rsquo;Arm\u00e9e suisse ne sera m\u00eame plus en mesure d&rsquo;assurer le service de police a\u00e9rienne en situation normale. Si, en revanche, le peuple dit oui, la Suisse pourra alors continuer de fournir sa contribution \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du continent en soulageant les arri\u00e8res de l&rsquo;Europe et de l&rsquo;OTAN dans l&rsquo;espace alpin. Ce faisant, elle pr\u00e9servera \u00e9galement sa souverainet\u00e9 sur son espace a\u00e9rien avec un minimum de moyens. L&rsquo;Arm\u00e9e suisse restera un partenaire s\u00e9rieux, qui pourra coop\u00e9rer sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 avec les forces a\u00e9riennes amies.<\/p>\n<p>Cette coop\u00e9ration pourrait \u00eatre intensifi\u00e9e avec le pays de provenance des nouveaux avions de combat. Le choix du type rev\u00eat donc aussi un aspect politique. Il sera effectu\u00e9 apr\u00e8s le vote, sur la base d&rsquo;une \u00e9valuation des capacit\u00e9s et des co\u00fbts. N\u00e9anmoins, l&rsquo;argument du \u00ab ch\u00e8que en blanc \u00bb avanc\u00e9 par la gauche ne tient pas la route. Le Parlement pourra encore stopper l&rsquo;acquisition en rejetant le programme d&rsquo;armement. Il faudra alors r\u00e9\u00e9valuer la question de l&rsquo;achat de l&rsquo;avion.<\/p>\n<p>Mais apr\u00e8s la d\u00e9cision de principe de la population, il sera surtout judicieux de lancer un d\u00e9bat approfondi sur la strat\u00e9gie \u00e0 adopter en mati\u00e8re de politique de s\u00e9curit\u00e9. La Suisse n&rsquo;est pas le village d&rsquo;Ast\u00e9rix. Les avions de combat modernes ne peuvent plus \u00eatre clairement rattach\u00e9s \u00e0 un pays particulier, en raison du r\u00e9seau international de fournisseurs et des cha\u00eenes d&rsquo;approvisionnement. Partant, la Suisse est bel et bien confront\u00e9e \u00e0 une alternative : suivre une voie plut\u00f4t europ\u00e9enne, avec l&rsquo;<em>Eurofighter<\/em> ou le <em>Rafale<\/em>, ou alors se rapprocher d\u2019une alliance \u00e9quip\u00e9e principalement en mat\u00e9riel am\u00e9ricain, en optant pour le <em>Super Hornet<\/em> ou le <em>F-35<\/em>. Les deux variantes ont leurs avantages et leurs inconv\u00e9nients. Nos politiciennes et politiciens devront en d\u00e9battre publiquement, car l\u2019enjeu est le positionnement de la Suisse en tant que partenaire au sein du monde occidental.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9bat sur la fa\u00e7on de faire face aux nouvelles menaces<\/strong><\/p>\n<p>Ce d\u00e9bat sur la strat\u00e9gie serait une nouvelle occasion de poursuivre la r\u00e9flexion sur la neutralit\u00e9 arm\u00e9e. Elle doit rester une maxime de la politique de s\u00e9curit\u00e9 de la Suisse, mais doit \u00eatre transpos\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e8re des r\u00e9seaux, des formes complexes de conflits et des nouveaux rapports de force. Les investissements consacr\u00e9s \u00e0 la modernisation des Forces a\u00e9riennes et de l&rsquo;arm\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral peuvent \u00e9galement \u00eatre compris comme une forme de solidarit\u00e9 de la Suisse avec le concept du lib\u00e9ralisme d\u00e9mocratique occidental en concurrence avec l\u2019autoritarisme. Cette lecture de la politique de s\u00e9curit\u00e9 trouverait \u00e9galement une contrepartie concr\u00e8te et politique lorsqu\u2019il en va des questions centrales de la coop\u00e9ration avec les \u00c9tats-Unis ou les \u00c9tats europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>De cette mani\u00e8re, la Suisse pourra peut-\u00eatre aussi se d\u00e9partir enfin de l\u2019\u00e9ternel discours &#8211; fondamentalement r\u00e9trograde &#8211; sur le sens de l&rsquo;Arm\u00e9e suisse. Les cris d&rsquo;orfraies de la droite concernant la perte des traditions militaires suisses et de sa farouche ind\u00e9pendance semblent aussi hors du temps que les id\u00e9es de la gauche sur un \u00c9tat militaro-autoritaire au service de l&rsquo;\u00c9tat bourgeois. Ce sont des atavismes argumentatifs du XXe si\u00e8cle. Un oui aux nouveaux avions de combat offrirait la libert\u00e9 d&rsquo;action n\u00e9cessaire pour affiner le profil de l&rsquo;Arm\u00e9e suisse en tant qu&rsquo;un des instruments de notre politique de s\u00e9curit\u00e9 &#8211; sobrement mais de fa\u00e7on cibl\u00e9e.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat sur l\u2019Arm\u00e9e suisse de demain fait aussi partie du d\u00e9bat \u00e0 tenir sur la strat\u00e9gie \u00e0 adopter. Le Parti socialiste suisse a d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9 ce sujet durant sa campagne et il propose une alternative : les Forces a\u00e9riennes suisse devrait remplir l&rsquo;obligation l\u00e9gale d&rsquo;assurer la police a\u00e9rienne au moyen d&rsquo;avions de combat l\u00e9gers, de fa\u00e7on \u00e0 m\u00e9nager les F\/A-18. En outre, le document du PS demander de miser sur la d\u00e9fense air-sol. Toutefois, cette approche ne r\u00e9siste pas au \u00ab <em>reality check<\/em> \u00bb car elle se fonde dans le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Le PS et, avec lui, un certain nombre d&rsquo;officiers sup\u00e9rieurs ont toujours exig\u00e9 que l&rsquo;Arm\u00e9e suisse soit structurellement \u00ab non offensive \u00bb. C&rsquo;est pourquoi le PS a toujours \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement critique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des chars de combat ou des avions de combat, car ils peuvent \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9s de mani\u00e8re offensive. Mais pour pouvoir se d\u00e9faire d\u2019un adversaire, l\u2019Arm\u00e9e suisse doit aussi \u00eatre capable d&rsquo;attaquer. C&rsquo;est l&rsquo;opinion la plus r\u00e9pandue. La pol\u00e9mique sur le sujet a atteint son paroxysme dans les ann\u00e9es \u201860. Les avions de combat l\u00e9gers sont donc avant tout une r\u00e9miniscence de cette \u00e9poque. M\u00eame des experts reconnus comme le concepteur d&rsquo;avions de combat Georges Bridel affirment que ces avions d&rsquo;entra\u00eenement subsoniques sont incapables d&rsquo;intercepter \u00e0 temps ne serait-ce qu&rsquo;un simple avion commercial volant \u00e0 10 000 m\u00e8tres d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es doit aujourd&rsquo;hui porter sur les bonnes r\u00e9ponses \u00e0 apporter aux menaces suppl\u00e9mentaires propres \u00e0 notre \u00e9poque : la crise du coronavirus n&rsquo;est pas termin\u00e9e ; le changement climatique se poursuit. En outre, une panne d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 de longue dur\u00e9e pourrait litt\u00e9ralement provoquer un blackout de la Suisse \u2013 avec au bout de deux jours seulement de tr\u00e8s graves cons\u00e9quences pour l&rsquo;\u00e9conomie et la soci\u00e9t\u00e9. Il est donc l\u00e9gitime de s&rsquo;interroger sur les efforts principaux \u00e0 fournir en mati\u00e8re de gestion des crises et sur les instruments de notre politique de s\u00e9curit\u00e9. En revanche, il est erron\u00e9 de jouer une menace contre l&rsquo;autre, comme le font le PS et les Verts sur tous les podiums de discussion de la campagne en cours. Au contraire, les pand\u00e9mies ou m\u00eame le changement climatique sont de v\u00e9ritables facteurs de conflit. Un \u00c9tat qui veut prot\u00e9ger sa population doit donc aussi \u00eatre capable de r\u00e9pondre \u00e0 la violence. Au sol, dans les airs comme dans le cyberespace.<\/p>\n<p><strong>Ne pas prendre le risque de cr\u00e9er des lacunes capacitaires<\/strong><\/p>\n<p>En effet, les nouveaux avions de combat ne sont pas en concurrence avec une d\u00e9fense efficace contre les attaques num\u00e9riques, mais ils combinent avantageusement les capacit\u00e9s nouvelles et conventionnelles des forces arm\u00e9es. Dans une situation d&rsquo;escalade, les pirates informatiques et les guerriers de l&rsquo;information jettent les bases de l&rsquo;utilisation conventionnelle de la force. Ils sont les marathoniens des conflits modernes ; les forces militaires conventionnelles doivent, elles, \u00eatre capables de se mettre en action \u00e0 tout moment, comme des sprinteurs. Suite \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience ukrainienne de 2014, l&rsquo;OTAN a certes renforc\u00e9 dans les \u00c9tats baltes ses capacit\u00e9s en mati\u00e8re de cyberguerre et d\u2019infoguerre, mais elle a \u00e9galement investi dans des chars et des avions de combat dans le cadre de sa pr\u00e9sence en premi\u00e8re ligne (<em>Enhanced Forward Presence<\/em>).<\/p>\n<p>Un oui aux avions de combat donnera \u00e0 l&rsquo;Arm\u00e9e suisse la possibilit\u00e9 de continuer \u00e0 fonctionner comme un syst\u00e8me complet apr\u00e8s 2030. Elle conservera sa capacit\u00e9 d&rsquo;effectuer des sprints dans les airs, en r\u00e9seau avec les forces terrestres et les marathoniens du cyberespace. Sans aviation, l&rsquo;Arm\u00e9e suisse n&rsquo;est plus une arm\u00e9e. Le mandat constitutionnel de la d\u00e9fense nationale devrait alors \u00eatre modifi\u00e9.<\/p>\n<p>En outre, le temps presse : la votation du 27 septembre est la derni\u00e8re chance de remplacer le F\/A-18 en toute s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Une nouvelle prolongation de la dur\u00e9e de vie de la flotte actuelle n&rsquo;est plus possible. Un vote n\u00e9gatif cr\u00e9erait une lacune inqui\u00e9tante, et qui ne pourrait \u00eatre combl\u00e9e que plus tard, pour un prix exorbitant. La formation tr\u00e8s co\u00fbteuse des pilotes repartirait pratiquement de z\u00e9ro. Un pays aussi riche que la Suisse peut actuellement se permettre de pr\u00e9lever sur le budget ordinaire de l\u2019arm\u00e9e les six milliards n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;achat de nouveaux avions de combat et financer avec ce m\u00eame budget ordinaire leurs co\u00fbts d\u2019exploitation sur 30 ans.<\/p>\n<p>Un oui r\u00e9solu aux nouveaux avions de combat enverra donc un signal. Il concr\u00e9tisera une volont\u00e9 : celle de continuer \u00e0 pouvoir se d\u00e9fendre contre toute convoitise \u00e0 l&rsquo;avenir et en m\u00eame temps de demeurer un partenaire de la politique de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;espace alpin. Car les p\u00e9rils g\u00e9opolitiques des prochaines ann\u00e9es sont une pr\u00e9occupation commune \u00e0 tous les \u00c9tats europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-dots\" \/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la s\u00e9rie \u00ab\u00a0Ce que nous ne lisons, n\u2019entendons et ne voyons pas dans les m\u00e9dias romands\u00a0\u00bb , un article de Georg H\u00e4sler Sansano qui, \u00e0 nos yeux, pose parfaitement, d&rsquo;une part l&rsquo;enjeu de la votation du 27 septembre 2020 sur l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral de planification relatif \u00e0 l&rsquo;acquisition de nouveaux avions de combat par la Suisse, et d&rsquo;autre part les cons\u00e9quences qui devraient s&rsquo;imposer en termes de d\u00e9bats politiques \u00e0 mener, en cas de oui dans les urnes.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":610,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[2,18,34,42,43],"class_list":["post-599","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-general","tag-air2030","tag-cooperation-internationale","tag-espace-securitaire-commun","tag-geopolitique","tag-geostrategie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/599","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=599"}],"version-history":[{"count":20,"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/599\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":630,"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/599\/revisions\/630"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/610"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=599"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=599"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/luftverteidigung.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=599"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}